Auto-immunité

Nous réalisons depuis 2016 les analyses d'auto-immunité pour nos patients et pour les patients d'autres laboratoires du nord de la France (réseau SYNLAB).

Anticorps anti-nucléaires (ANA, FAN, HEp2 )

Les anticorps anti-nucléaires sont utiles lors du diagnostic et du suivi de maladies auto-immunes non spécifiques d’organes appelées connectivites. Les plus connues sont par exemple le lupus, le syndrome sec (de Gougerot-Sjögren), les sclérodermies, …

La recherche d’anticorps anti-nucléaires participe également au diagnostic d’autres maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, l’hépatite auto-immune, le syndrome des anti-phospholipides, …

 

Anticorps anti-nucléaires

Les anticorps anti-nucléaires sont des anticorps développés par le corps contre ses propres cellules, et en l’occurrence contre des composants des noyaux de l’ensemble des cellules.

 

Technique

La recherche d’anticorps anti-nucléaires se fait en plusieurs étapes utilisant à la fois microscopie, fluorescence et dosage. Elle se fait sur du sérum et nécessite donc le prélèvement d’un tube sec.

Dépistage et description

La recherche d’anticorps anti-nucléaires se fait d’abord par une étape de fluorescence au microscope. Cette étape permet de détecter les anticorps anti-nucléaires et de décrire leur aspect. Pour cela, le sérum (sang) prélevé est déposé sur une lame sur laquelle des cellules sont préalablement fixées. En cas de présence d’anticorps anti-nucléaires, ceux-ci vont se fixer sur le noyau et être visibles en fluorescence.

Chaque anticorps appartenant au groupe des anticorps antinucléaires a un aspect caractéristique qui est visible en fluorescence et décrit sur le compte rendu. Les aspects les plus fréquents sont « moucheté », « homogène », « centromères », « nucléolaire », « DFS70 », … Il existe de nombreux aspects de fluorescence mais dont certains sont très rares.

Titrage

La recherche d’anticorps anti-nucléaires par fluorescence se fait en diluant le sérum (sang). La première dilution réalisée est celle du 80ème. 

En cas de positivité de la recherche d’anticorps anti-nucléaires sur la première dilution, d’autres dilutions plus poussées sont réalisées. L’objectif de ces dilutions est de vérifier si l’anticorps est présent à un taux significatif. En effet, il faut que l’anticorps anti-nucléaire soit détectable au minimum à une dilution au 160ème pour être considéré comme significatif. En dessous de ce seuil la présence d’une fluorescence n’est pas considérée comme anormale.

Les dilutions permettent également d’identifier la dernière dilution sur laquelle les anticorps anti-nucléaires sont positifs. C’est ce qu’on appelle le titrage. Le chiffre exprimé pour le titre correspond à l’inverse de la dilution (exemple : la dernière dilution positive est celle du 320ème, le titre est alors de 1/320). Plus la dilution est élevée, plus les anticorps sont présents dans le sang.

Identification

En cas de positivité des anticorps anti-nucléaires, des dosages d’anticorps spécifiques sont réalisés afin d’identifier la nature exacte de l’anticorps anti-nucléaire. Ces dosages s’appellent recherche d’anticorps anti-antigènes nucléaires solubles et recherche d’anticorps anti-ADN natif. Les principaux anticorps anti-nucléaires associés à des maladies sont alors dosés un par un afin d’identifier leur nature exacte. Ces anticorps sont les anti-SSA, anti-SSB, anti-RNP, anti-Sm, anti-Scl70, et anti ADN natifs. D’autres anticorps peuvent être recherchés selon les symptomes ou selon l’aspect de fluorescence.

 

Interprétation

La présence d’une fluorescence dont le titre est inférieur à 1/160 n’est pas significative et n’est pas considérée comme anormale.

L’association d’un aspect de fluorescence et d’un dosage spécifique permet de conclure à la présence d’un anticorps anti-nucléaire précis (exemple : cas d’un anti-nucléaire positif avec aspect moucheté et anticorps anti-SSA positif ; la concordance entre l’aspect et le dosage permet de conclure à la présence d’anticorps anti-SSA).

Cette analyse permet d’orienter le diagnostic mais ne suffit pas toujours à elle seule pour confirmer une maladie. Souvent c’est l’association de symptômes caractéristiques et de plusieurs analyses qui vont permettre le diagnostic.

 

Maladies associées

Les maladies auto-immunes associées aux anticorps anti-nucléaires les plus connues sont par exemple le lupus,  le syndrome de Gougerot-Sjögren (ou syndrome sec), le syndrome de Sharp (connectivité mixte), …

Les anticorps anti-nucléaires peuvent également être positifs dans la polyarthrite rhumatoïde, le syndrome des anti phospholipides, l’hépatite auto-immune, et de nombreuses autres maladies. Dans ces situations, la fluorescence est positive mais les dosages (anticorps anti antigènes nucléaires solubles et anticorps anti ADN natifs) sont négatifs dans la plupart des cas.

Les principales associations reconnues sont détaillées dans le tableau ci-dessous.

 

Pièges

Fluorescence forte

Lors de la présence en grande quantité d’un anticorps anti-nucléaire lors de la fluorescence, celui-ci peut cacher la présence d’un autre anticorps anti-nucléaire qui serait présent en quantité moindre (et donc moins fluorescent).

Le dosage systématique des principaux anticorps anti-nucléaires lors de fluorescence positive permet de corriger ce risque et de détecter un anticorps anti-nucléaire à taux faible qui serait caché par un autre anticorps anti-nucléaire à taux élevé.

Fluorescence positive, antigènes nucléaires solubles négatifs

Parfois aucun anticorps spécifique n’est dosé alors que les anticorps anti nucléaires sont positifs en fluorescence. Cela peut être simplement du à une inflammation, une infection en cours ou à certains traitements. Dans de rares cas, et devant l’existence de symptômes particuliers, la recherche d’anticorps de spécificités plus rares peut être demandée par le médecin.

Fluorescence cytoplasmique

La présence d’autres anticorps peuvent interférer lors de la recherche d’anticorps anti nucléaires, notamment les anticorps dont les cibles sont cytoplasmique (comme les anti-mitochondries, anti-muscles lisses, et certains anticorps associés aux syndromes des anti-synthétases).

 

ANCA : Anticorps anti-cytoplasme des polynucléaires neutrophiles

La recherche d’ANCA est utile pour le diagnostic et le suivi de certaines maladies auto-immunes.

On trouve principalement les ANCA dans des maladies auto-immunes touchant les petits vaisseaux (vascularites) et lors de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

 

Le polynucléaire neutrophile

Le polynucléaire neutrophile est une cellule du sang. Il appartient au groupe des globules blancs et joue un rôle dans la défense contre les micro-organismes.

Au niveau architectural, le polynucléaire neutrophile est limité par une membrane. On distingue 2 zones : le noyau, et le cytoplasme dans lequel on trouve des granulations. Ces granulations contiennent des molécules servant pour l’action toxique des polynucléaires neutrophiles comme la MPO et la PR3.

 

Les ANCA

Les ANCA sont des anticorps développés par le corps contre ses propres cellules, et en l’occurrence contre des composants des polynucléaires neutrophiles, par exemple contre les molécules présentes dans ses granulations (MPO et PR3).

 

Technique

La recherche d’ANCA se fait en plusieurs étapes utilisant à la fois microscopie, fluorescence et dosage. Elle se fait sur du sérum et nécessite donc le prélèvement d’un tube sec.

Dépistage et description

Une première étape de fluorescence par microscope permet de rechercher les ANCA et de décrire leur aspect. Pour cela, le sérum (sang) prélevé est déposé sur une lame sur laquelle des polynucléaires neutrophiles sont fixés avec de l’éthanol. Le résultat peut être négatif, ou positif.

En cas de positivité, une deuxième lame est réalisée. Sur cette deuxième lame les polynucléaires sont fixés avec un autre alcool, le formol.

C’est l’association des fluorescences observées sur les 2 lames qui permet de conclure ay type d’ANCA. L’ANCA peut être de type cytoplasmique (c-ANCA), de type périnucléaire (p-ANCA), ou avoir un aspect dit « atypique ».

Titrage

La recherche d’ANCA par fluorescence se fait en diluant le sérum (sang). La première dilution réalisée est celle du 20ème. C’est ce qu’on appelle le seuil de significativité : en dessous de ce seuil la présence d’une fluorescence n’est pas considérée comme anormale.

En cas de positivité de la recherche d’ANCA sur la première dilution, d’autres dilutions plus poussées sont réalisées afin d’identifier la dernière dilution sur laquelle les ANCA sont positifs. C’est ce qu’on appelle le titrage. Le chiffre exprimé pour le titre correspond à l’inverse de la dilution (exemple : la dernière dilution positive est celle du 160ème, le titre est alors de 1/160). Plus la dilution est élevée, plus les anticorps sont présents dans le sang.

Identification

Si la recherche d’ANCA par fluorescence est positive, il faut identifier la cible exacte de l’anticorps. Ceci consiste à doser en particulier les anticorps anti-PR3 et anti-MPO, qui sont les anticorps les plus fréquents dans le groupe des ANCA, et qui sont associés à certaines maladies.

Il existe d’autres ANCA que les anti-PR3 et anti-MPO, mais ils ne sont recherchés que rarement et ont souvent un aspect atypique.

 

Interprétation

La recherche est considérée comme positive si des ANCA sont retrouvés avec un titre supérieur au 1/20.

Le résultat de la recherche d’ANCA ne permet pas à elle seule de faire le diagnostic d’une maladie. Les différents symptômes doivent être pris en considération, et la confirmation de la maladie peut nécessiter d’autres examens et parfois même une biopsie des organes touchés.

 

Maladies associées

Les principales maladies auto-immunes associées à des ANCA positifs sont des atteintes des petits vaisseaux appelées vascularites. Au début de ces maladies, les symptômes sont variés et peu caractéristiques : fièvre, fatigue, douleurs musculaires ou articulaires, … Avec l’évolution de la maladie, l’atteinte des vaisseaux entraîne des symptômes en lien avec les organes touchés (comme le rein, les poumons, les oreilles et le nez, …

Parmi ces maladies, les plus connues sont la granulomatose avec polyangéite (anciennement maladie de Wegener), la polyangéite microscopique et la granulomatose éosinophilique avec polyangéite (anciennement syndrome de Churg-Strauss).

On peut également trouver des ANCA positifs (d’aspect atypique) dans certaines maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, principalement dans la rectocolite hémorragique.

D’autres causes plus rares (comme certaines infections ou traitements) peuvent également positiver la recherche d’ANCA.

Les principales associations reconnues sont détaillées dans le tableau ci-dessous.

 

Pièges

Anticorps anti-nucléaires

Lors de l’existence d’un autre type d’anticorps (les anticorps anti nucléaires), des interférences sont possibles lors de la recherche d’ANCA par fluorescence. En effet, la fluorescence du noyau par les anticorps anti nucléaires peut alors cacher une fluorescence péri-nucléaire due aux ANCA.

Dans cette situation, l’aspect est légèrement différent en fluorescence sur lame avec éthanol, et la lame avec formol est systématiquement réalisée afin de vérifier qu’un ANCA ne soit pas caché derrière la fluorescence du noyau. 

Autres spécificités

Dans certaines situations, il est possible d’avoir une recherche d’ANCA positive mais avec des dosages d’anticorps anti MPO et PR3 négatifs.

Cela peut arriver lors de suivi thérapeutique chez les patients ayant des traitements immunosuppresseurs.

Chez les individus non traités, cela peut être dû à des anticorps dirigés contres d’autres molécules que les MPO et PR3. Il existe par exemple les anti BPI, anti-lactoferrine, anti-elastase, anti-cathepsine G, anti-Lamp2, anti-HMGB, … Leur dosage ne se fait pas en pratique courante, et pour la plupart ils ne sont pas associés à des maladies de façon spécifique.